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Crowdfunding : Quand les oasis se multiplient dans le désert
Be Marketing Community |28.11.14| Par Routshild J. Dorval
Le développement massif des TIC et la crise de confiance à l'égard des acteurs traditionnels de crédits, les établissements bancaires notamment, ont permis l'émergence du "crowdfunding". En fait, ce terme désigne littéralement "le financement participatif, le mécenat par la foule". Selon le site Wordspy.com, c'est Michael Sullivan qui a été le premier a employé ce terme, dans le magazine Fundavlog.
Concrètement, cela consiste à solliciter et à obtenir un soutien financier du grand public, essentiellement grâce à des supports en ligne, comme des sites Internet dédiés à cette pratique, entre autres.
Par exemple, la première plateforme en ligne dédiée au crowdfunding a été ArtistShare en 2003. Un site basé sur le fan-funding ou mettre en relation des artistes talentueux avec un public prêt à les soutenir. Depuis, les sites se sont multipliés et non pas toujours été aussi spécifiques.
Aujourd'hui, on compte des centaines de plateformes à travers le monde. Cependant, il faut noter que la croissance de cette industrie est récente puisqu'on remarque que l'intérêt pour cette forme de financement s'est considérablement accru depuis 2009. C'est cette même année que, la plus grande plateforme de crowdfunding au monde a été lancé, Kickstarter. Le site créé par Perri Chen, a été le faire-valoir de plus de 150 000 projets qui ont suscité un regain d'intérêt auprès des internautes et qui ont généré 1/5 de ce que représente l'industrie à l'échelon mondiale, soit 1 milliard d'euros. Car, oui, les chiffres du financement participatif s'évaluent en milliards. En 2012, par exemple, selon les rapports du site Massolution, l'industrie du crowdfunding a représenté un peu moins de 3 milliards, soit 2.7 milliards. L'année suivante, les chiffres ont quasiment doublé puisque la barre des 5 milliards a été dépassé, avec un montant estimé à 5.1 milliards.
Logiquement, on pourrait expliquer cette tendance et ces chiffres par les difficultés de financement, auxquelles font face les porteurs de projets (créatifs/risqués), qui souhaitent se lancer ou encore les entreprises qui veulent se développer dans le contexte économique difficile.
Etant donné le caractère mondiale de la crise et l'importance du réseau internet sur le vieux continent, cette région n'a pas échappé au "phénomène" crowdfunding. Comme aux Etats-Unis, il y a de nombreuses plateformes en ligne sur lesquelles des projets peuvent voir le jour. Le sites français Ulule et KissKissBankBank, leaders européens, en sont de poignants exemples. Le premier revendique plus d'un demi million de membres, quand le second, se rapproche de ce niveau de membres. On notera tout de même que le premier site de financement participatif en france est MyMajorCompany,
D'ailleurs, qu'elle est notre rapport au crowdfunding ici en France ?
Notre leadership en Europe, en particulier celui des firmes précédemment citées, s'explique en partie par le fait, qu'ils aient été créé, seulement quelques mois après le lancement du géant américain, Kickstarter, ce qui les a permis de surfer sur la vague de succès. D'ailleurs, KissKissBankBank a été formé sur le modèle de ce dernier. Mais, il ne faut pas s'y tromper, il existe un fort intéret des français pour le financement participatif.
Dans un de ses articles du 7 novembre dernier, le quotidien Direct Matin, parle même d'un "modèle économique qui connait une croissance intéressante dans l'Hexagone", chiffres à l'appui. Ainsi, seulement au premier semestre 2014, près de 70 millions ont été collecté par l'ensemble des plateformes, qui ont déjà séduit, au-delà de la symbolique, plus d'un million de donateurs.
Comme aux Etats-Unis, ces plateformes sont très diverses. Il en existe pour le sport, avec Fosburit,mais aussi pour l'immobilier avec Lymo. Le crowdfunding intervient donc dans plusieurs domaines mais il y a un domaine, où il s'est particulièrement illustré ces derniers temps : c'est le patrimoine. En fait, notre pays dispose de sites d'exceptions, dont la gestion et la conversation est à la charge de familles, d'associations et/ou de collectivités (l'Etat). Mais ces opérations sont coûteuses et dans le contesxte économique que nous connaissons, il y a une certaine forme de désengagement vis-à-vis de ces sites en raison du manque de ressources ou d'allocations qui les pénalisent. D'où, l'importance du crowdfunding.
Le 5 novembre dernier, Direct Matin a consacré un article sur le sujet, intitulé "Le crowdfunding, sauveur du patrimoine français" dans lequel, il souligne l'impact positif du financement participatif sur la restauration et la conservation des constructions historiques. Le quotidien rapporte les données présentés par le site Club Innovation et Culture France
En fait, le phénomène prend une telle ampleur en France, que nos politiques en font un enjeu pour l'avenir, notamment pour nos PME. Il y a quelques mois, Monsieur le Président parlait même "d'un mode de financement tout à fait précieux". Il faut dire que les banques qui representent entre 95 et 98% du financement des entreprises, tendent à prêter de moins en moins d'argent à cause de la reglémentation de Bâle III.
Le crowdfunding apparaît donc comme un mode de financement complémentaire à celui des banques, qui n'a pas vocation à substituer le rôle de ces dernières. Même si, l'ordonnance du 30 mai 2014 et le de décret du 16 septembre dernier, accroient les attributions des plateformes et leur influence. En effet, depuis le 1er octobre, le monopole bancaire sur les prêts rémunérés a été supprimé. Concrètement, les entreprises de financement participatif ont accédé à un nouveau statut, qui leur permet d'exercer ses activités dans le cadre précisé par loi. Mais là encore, elles doivent en amont, obtenir l'agrément d'un établissement bancaire ou être son partenaire.
Par ailleurs, les entreprises qui sollicitent le soutien des internautes peuvent voir dans le crowdfunding un premier contact avec le marché. C'est à dire qu'en fait, l'engouement autour d'un projet est déjà une information décisive et précieuse pour une start-up, par exemple. Si engouement il y a, on peut envisager l'avenir un peu plus sereinement, de part le soutien financier, de l'intérêt de potentiels futurs consommateurs, de fournisseurs qu'il implique mais aussi de potentiels investisseurs qu'il engendre. Dans ce sens, on peut dire que le crowdfunding revêt un caractère fédérateur et qu'il est en mesure de faciliter l'entrée sur le marché des porteurs de projets.
A quoi doit-on s'attendre de ce modèle économique demain ?
Comme nous l'avons vu la France est un précurseur en matière de crowdfunding, non seulement à cause de nos plateformes mais aussi, en raison du fait que le pays est le premier à poser un cadre favorable au développement du secteur sur le vieux continent. Selon Arnaud Poissonnier, on estime le potentiel de collecte à 6 milliards d'ici 2020, à raison d'une très importante croissance de ce mode de financement. Dans un tribune pour le Monde, il déclare que "le financement participatif en France bénéficie d'une croissance à faire pâlir d'envie".
Francois Hollande : "Le crowdfunding est un mode de financement tout à fait précieux." Assises de l'entrepreunariat, palais de l'Elysée, le 29 avril 2013
"Les chiffres du financement participatif s'évalue en millard. L'industrie a généré près de 3 milliards en 2012 et plus de 5 milliards en 2013"
"Comme aux Etats-Unis, ces plateformes sont très diverses. Il en existe pour le sport mais aussi pour l'immobilier ou encore le patrimoine"
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